Les pépites du Mans Classic 2025 : Bristol 405D
Contrairement à ce qu’on croit, la 405 ne désigne pas qu’une Peugeot. Cette appellation a d’abord été utilisée par le constructeur anglais Bristol, qui s’est signalé par ses autos de très haut de gamme, parfois plus chères que des Rolls-Royce…

Peugeot n’a pas toujours été sur les dents quand d’autres constructeurs ont utilisé des appellations à trois chiffres comportant un zéro central. Si le sochalien a menacé Porsche d’un procès quand est apparue la 901, devenue 911, il n’a pas cillé face à l’anglais Bristol. Il est vrai que celui-ci, par ses avions, a contribué à l’élimination de l’ennemi nazi au de participer à l’occupation de la France.
En 1947, Bristol s’est tourné vers l’automobile en présentant la 400, en récupérant les plans et les droits BMW, avec l’aide de Frazer-Nash, importateur de la marque allemande au Royaume-Uni. Ainsi, ce coupé de grand luxe n’est autre qu’une 327 à moteur de 328, si on n’entre pas dans le détail. Fabriqué avec grand soin, il va évoluer en 401, 402 puis 403.

En 1953, la 404 remplace la 403 (7 ans avant Peugeot…), dont elle récupère le châssis – non sans le raccourcir – et le moteur 6-cylindres en ligne (d’origine BMW donc). En revanche, la carrosserie est entièrement nouvelle, arborant des ailerons arrière, selon la mode initiée par Cadillac.
En 1954, de ce coupé on dérive une berline, la 405, signalée aussi par son projecteur central. Et de cette berline, on crée un cabriolet, dit 405D (pour Drophead, toit escamotable). Et c’est lui que nous voyons ici. Il s’agit d’une authentique rareté puisqu’il n’a été produit qu’à 43 exemplaires, de1956 à 1958, chez le carrossier Abbott de Farnham. Son 2,0 l de 105 ch l’emmène à près de 170 km/h, une vitesse alors très élevée. Mais son prix astronomique en freinera considérablement la diffusion. Cela dit, dans l’ensemble, la 405 s’écoulera à 309 unités, un joli petit succès pour Bristol.

Ce constructeur parviendra à se constituer une clientèle de passionnés riches et excentriques, sans pourtant jamais chercher une quelconque expansion. Le maître-mot était exclusivité, d’ailleurs, jamais la marque anglaise n’a cherché à vendre aux USA, au contraire de Rolls-Royce.
Cette stratégie jusqu'au-boutiste a relativement bien fonctionné, mais, après un vol de son outillage en 2007, Bristol, farouchement indépendant, n’a jamais réussi à se remettre. Il n’a pu éviter un rachat en 2011, avant de disparaître en 2020. En 2016, il avait pourtant présenté la Bullett, fortement inspirée par son look de la 405D et dotée d’un V8… BMW.

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