16 heures de course-poursuite entre une Subaru Legacy et les Commodore de la police néo-zélandaise
C’est l'histoire d’une course-poursuite qui a tenu en haleine la Nouvelle-Zélande durant 16 heures... Le 14 octobre 2016, un jeune conducteur au volant d’une Subaru Legacy se livre à une échappée solitaire à travers l’île du Sud, sur plus de 700 km, avec la police lancée à ses trousses.

Retour sur une virée nocturne qui a abouti à une filature policière intense et haletante, une course-poursuite effrénée parmi les plus longues et mémorables de l’histoire récente.
Ce fait-divers s’est noué en Nouvelle-Zélande à l’automne 2016, de part et d’autre de l’île du Sud, 150 000 km², la plus vaste et la moins dense des deux îles majeures qui dessinent ce territoire d’Océanie.
Celle que l’on surnomme Te Waipounamu en langue Maori n’abrite en effet qu’un million d’habitants, soit environ un cinquième de la population nationale, avec pour principales agglomérations Christchurch (410 000 habitants) et Dunedin, puis Invercargill et Nelson (55 000 hab), toutes situées le long du littoral.
Pour le reste, l'île du Sud s'abandonne à un mode de vie radical et sauvage. C'est un écrin de nature, une contrée dominée par les plaines à perte de vue, les forêts, les lacs et les fjords, mais aussi par les sommets montagneux, dont le célèbre Mont Cook, le point culminant du pays, perché à 3724 mètres.
Massie, tête baissée

C’est dans ce décor de carte postale que le 14 octobre 2016 surgit dans la nuit, non pas un cavalier masqué non, mais Michael Massie, un conducteur sans permis âgé de 20 ans, aussi bon sprinteur que marathonien, visiblement du genre coriace et pas impressionnable, comme s’il rejouait par mimétisme une scène du film « Sugardland Express » ou une séquence de « GTA ».
Le jeune homme, employé dans une scierie, est repéré à Stoke, dans les faubourgs de Nelson, dans la partie septentrionale qui longe la Baie de Tasman. Il est alors 1 heure du matin. Il vient de passer en trombe sous les yeux d’une patrouille de police, au volant d’une Subaru Legacy bleu marine. Il s’agit d’une variante Station Wagon à transmission intégrale datée du tournant des années 90-2000. Elle mesure 4,68 mètres de long et embarque un bloc 2.0 essence Bi-turbo de 280 chevaux pour 340 Nm de couple.
Commodore au rapport

Un premier équipage de police prend en chasse le chauffard. Il se lance à ses trousses, sirènes hurlantes, bientôt secondé par un second véhicule. Les rampes gyrophares de toit illuminent et réveillent les alentours de Nelson. Les carrosseries à dominante blanche (ou rouge), avec sérigraphie « Police » et flocage jaune et bleu sur les flancs, s’enfoncent une à une dans la pénombre.
Ce sont des berlines Commodore Evoke, badgées de la marque Holden, la célèbre filiale de General Motors en Océanie. Elles équipent la police néo-zélandaise depuis la décennie 80, épaulées traditionnellement par des Ford Falcon, des Mitsubishi V3000 ou encore des Nissan Maxima.
A l'époque de ce fait-divers, les autorités disposent d’une flotte de Holden Commodore récemment renouvelée, une quatrième génération encore plus typée sport, dotée de puissants V6 et V8 délivrant jusqu’à 350 chevaux et 240 km/h en vitesse de pointe.
Chasse à l'homme en "chasse-patate"
Oui mais voilà, ce vendredi 14 octobre, c’est peine perdue, rien ne sert de courir.... Les bolides d’interception de la police vont en effet devoir ronger leur frein un bon bout de temps. Au volant de sa Legacy, le fugitif les nargue et jubile, se faisant notamment un plaisir de zigzaguer dans la circulation, de rouler à 150 km/h sur des axes limités à 50 ou 70 km/h, ou d’effectuer des manœuvres de dépassement périlleuses pour s'assurer une bonne avance sur ses poursuivants.
Les heures passent et la Subaru n'est toujours pas stoppée… Ce périple sous haute tension, plus proche du Go Fast et du gymkhana que de la promenade familiale du dimanche, va finalement s’étendre sur 730 km et s’éterniser 16 longues heures, jusqu’à environ 5 heures de l’après-midi, à travers villes et villages de l’île du Sud, par-delà l'autoroute et les routes secondaires les plus empruntées, notamment la State Road 1.
16 heures de traque

Une durée de traque que la police justifie après-coup en invoquant des raisons de sécurité publique. Elle dit même avoir dû interrompre la course-poursuite à trois reprises, en particulier dans la banlieue et les rues de Christchurch, afin de ne pas occasionner aux piétons des localités traversées et aux autres automobilistes des dommages collatéraux.
C’est finalement aux alentours de 17 heures, dans la localité de Waikouaiti (côte sud-Est), que Michael Massie va finir par être arrêté, pris dans la nasse par deux patrouilles motorisées et une équipe cynophile. Quelques minutes avant, il avait entamé un demi-tour sec pour éviter un énième barrage. Après quoi, il avait tenté de camoufler son véhicule avant de fuir à pied vers une forêt de pins bordant la plage.
Au cours de cette course-poursuite qui reste mémorable pour nombre de Néo-Zélandais, aucun blessé ne fut heureusement à déplorer. Le fuyard fut arrêté puis libéré sous caution. Il comparut quelques jours plus tard devant le tribunal de Dunedin pour conduite sans permis, refus d’obtempérer, délit de fuite et mise en danger de la vie d’autrui.
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